Jour du dépassement 2014
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Aujourd’hui jour du dépassement !

Aujourd’hui est un triste jour… le jour du dépassement (ou Earth over shoot day en Anglais). Nous venons de consommer le « budget » écologique annuel de la planète ! Nous allons donc finir l’année à « crédit » en puisant dans les ressources naturelles et en augmentant la quantité de CO2 dans l’atmosphère.

Qu’est-ce que le dépassement écologique ?

Le dépassement écologique est calculé par Global Footprint Network1 (GFN) de la façon suivante :

Dépassement écologique = Empreinte écologique - Biocapacité.

L’empreinte écologique représente ce qu’impose une population donnée à la nature. On la quantifie en surface de sol nécessaire pour supporter la consommation des ressources ainsi que la production de déchets de cette population. On relève les impacts suivants : produits des cultures, produits des pâturages, produits des forêts, produits de la pêche, carbone, artificialisation2.

La biocapacité donne la capacité d’une zone, terrestre ou aquatique (23.5% de la surface de la Terre serait bio productive), à générer une offre continue en ressources renouvelables et à éliminer les déchets.

Empreinte mondiale

Empreinte mondiale

Si l’empreinte écologique dépasse la biocapacité d’une zone, cela signifie que sur cette zone notre mode de vie / de développement n’est pas soutenable durablement.

Et c’est le cas aujourd’hui à l’échelle de notre planète et pour de nombreux pays. Nous, l’humanité, exigeons une fois et demie les ressources que ce que la terre peut nous donner ! Et 86% de la population mondiale vie dans un pays qui demande plus que ce que les écosystèmes savent renouveler.

 

«Nous n’héritons pas la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants»

Auteur inconnu : Antoine de Saint-Exupéry ? Proverbe Indien ? Proverbe Africain ? Ou une évidence globale !?

 

Retour sur les années passées :

Jour du dépassement depuis 1986

Jour du dépassement depuis 1986 (source GFN)

Triste est de constater la tendance bien linéaire de la courbe de suivi du jour du dépassement en fonction du temps, comme si on attendait quelque chose d’inéluctable… Chaque année le dépassement est anticipé de quelques jours par rapport à l’année précédente.

Surprenant aussi de constater que nous sommes nés avec le concept de jour de dépassement. Nous sommes la première promotion de la génération surconsommation ! Youpiiii ! 1987 c’est aussi l’année du rapport Brundtland et la naissance du concept de développement durable… heureusement !

Vision mondiale

Alors bien évidemment à l’échelle de la planète nous n’avons pas tous le même impact. Il y a des bons et des mauvais élèves comme le montre (ou ne le montre pas !?) la carte ci-dessous :

Une carte interactive représentant les empreintes écologique et les biocapacités nationales depuis plusieurs dizaines d’années est aussi disponible pour plus d’informations.

Méfiance ! Cette carte n’indique pas (forcément) les plus gros pollueurs, mais les zones les plus « menacées ». Un pays peut être dans une situation critique car il ne dispose que d’une faible biocapacité sans pour autant avoir une empreinte écologique énorme. Les chiffres pour l’année 2008 sont disponibles en ligne ici. Quelques exemples :

Empreinte Ecologique Totale (gha/hab) Biocapacité totale (gha/hab) (Deficit) ou Reserve Ecologique
Finlande 5,2 11,7 6,5
France 4,9 3,0 (1,9)
Pays Bas 4,4 1,1 (3,3)
Canada 7,1 20,0 13,0
Etats-Unis 9,4 5,0 (4,4)
Congo 0,5 13,9 13,3
Libye 4,3 1,0 (3,3)
Australie 7,8 15,4 7,6
Chine 2,1 0,9 (1,2)
Singapour 4,2 0,0 (4,1)
Bangladesh 0,6 0,3 (0,3)

Données 2008

Globalement l’empreinte des pays à haut revenu est cinq fois plus grande que celle des pays à faible revenu…

Alors, est-ce qu’un pays qui déborde de richesses naturelles peut se permettre de ne pas faire attention à son empreinte ? Peut-il faire en quelque sorte crédit à un pays en déficit ? Et inversement, un pays en déficit peut-il s’approprier les ressources d’un pays créditeur?

Illustration de Patrick Chappatte

Illustration de Patrick Chappatte

Certaines ressources peuvent peut-être êtres prélevées et déplacées, mais moyennant un coût supplémentaire. D’autres ne se déplacent pas comme ça. Ce ne sont pas les forêts Finlandaises qui vont absorber les gaz émis aux Etats Unis !

Il semble judicieux voire indispensable de trouver des solutions locales.

Finalement il est difficile d’interpréter une vision mondiale, car on met dans le même panier des éléments indépendants les uns des autres. Les deltas positifs compensent une partie des deltas négatifs et d’une certaine façon les problèmes sont amoindris (certaines empreintes sont compensées mathématiquement mais pas écologiquement). Alors oui, dire que l’on a besoin d’1.5 planète Terre pour subvenir à nos besoin ça fait déjà peur, mais probablement beaucoup moins que si l’on dresse la liste des zones critiques dans le monde. Ce chiffre a probablement été calculé dans un but de communication, d’alerte, de coup de poing sur la table, ce qui est fort louable… Peux-être certains commenceront à se poser des questions grâce à celui-ci. Tant mieux! Mais moi je ne l’aime pas trop. Il me donne l’impression de noyer le poisson, le poisson des pays à haut revenus dans l’eau des pays à faible revenus. Il me semble un peu politique. Et autant il peut alerter, autant il peut également déresponsabiliser : « oh, nous la France, on est dans la moyenne… », comme quand gosse on ramenait une bâche de l’école et qu’on rassurait les parents « non mais c’est pas grave tout le monde s’est planté, je suis dans la moyenne, le prof va remonter les notes »… Si on attend que le prof remonte les notes…

Par ailleurs, on peut aussi relever que le calcul de l’empreinte est basé uniquement sur l’activité humaine, alors que la biocapacité est ce qu’elle est. Cela laisse croire qu’on est les seuls sur cette planète, ou qu’elle ne nous appartient rien qu’à nous. Est-ce cela que l’on appelle l’humanisme?

Il devient urgent de se poser des questions… Connaitre ce qui se passe dans le monde mais aussi regarder ce qu’il y a devant notre porte et pourquoi pas oser prendre un balais. De toute façon les problèmes ne vont pas s’évaporer et si nous ne nous retroussons pas les manches, ce ne sera pas la peine d’acheter des manches longues à nos enfants…

Le cas de la France

Alors chez nous ça donne quoi?

Le cas de la France (Source GFN)

Le cas de la France (Source GFN)

A priori l’empreinte et la biocapacité sont grossièrement constantes dans le temps. Ce qui pour le coup n’est pas si mal si on compare à ce qui se fait ailleurs… mais ne raisonnons plus comme ça. Nous avons toujours une empreinte bien supérieure à notre biocapacité.

De quoi est-elle faite, notre empreinte?

Répartition de l'empreinte française (source GFN)

Répartition de l’empreinte française (source GFN)

Pas de surprise, arrive en tête le carbone, suivi de l’agriculture.

Il faut cependant savoir que l’empreinte nucléaire n’est pas prise en compte par GFN… Important pour le cas de la France !

Que faisons nous ? Que faire ?

D’un point de vue gouvernemental, suite au Grenelle Environnement, l’Etat a décidé d’élaborer des indicateurs pour la stratégie nationale de développement durable (SNDD). L’empreinte écologique était à l’étude mais n’a finalement pas été retenue si l’on en suit les indicateurs de la stratégie nationale de développement durable 2013 (l’empreinte carbone est sans doute plus simple et aussi plus à la mode).

Mathématiquement c’est simple : Réduire notre empreinte et/ou augmenter notre biocapacité (la maintenir semble déjà être un bel objectif) !

Réduire notre empreinte, ça veut dire travailler sur tout ce que nous émettons. Nos principaux postes d’impact sont probablement les énergies (transports, habitat, industries) et l’alimentation.

Réduire la population pourrait mathématiquement être également une solution, mais on ne va pas proposer de théorie extrémiste !

Augmenter la biocapacité ? Bonne question ! Replanter des forêts ?

En tout cas apprendre à en prendre le plus grand soin. Cela me semble extrêmement important… d’autant plus lorsque l’on va voir ce qui se passe chez les autres… notamment chez les grandes nations en « vert » comme le Brésil, l’Australie, le Congo, le Canada, la Mongolie, la Mauritanie, la Colombie, le Soudan, l’Indonésie… la tendance est implacablement la même :

Le cas du Brésil (source GFN)

Le cas du Brésil (source GFN)

« La meilleure façon de prédire l’avenir, c’est de le créer »

Peter Drucker

Grace aux recherches menées par GFN on peut parvenir à se faire une idée de la situation actuelle, morose. Il nous reste maintenant à appréhender l’avenir, et passer à la difficile phase du changement… On commence à parler de transition énergétique. Pour notre quotidien nous devrions fuir la surconsommation qui engendre une surexploitation de nos ressources et nous engager vers plus de sobriété.

 

Crédits des images

http://www.footprintnetwork.org/


Notes:

1 Global footprint network est un Think Tank (Laboratoire d’idées) fondé en 2003. L’ONG développe et coordonne les efforts de recherche sur l’empreinte écologique. L’un des objectifs de l’organisme est de faire adopter officiellement l’indicateur d’empreinte écologique à 10 pays d’ici 2015.

Méthode de calcul de l’empreinte écologique

Atlas 2009

2 Artificialisation (Définition Insee) : Les espaces qui subissent une artificialisation ne sont plus disponibles pour des usages tels que l’agriculture, la sylviculture ou comme habitats naturels. L’extension de l’artificialisation correspond à une consommation d’espaces naturels et ruraux. L’étalement des espaces artificialisés concourt à l’augmentation des déplacements et ainsi à celle des émissions de polluants et gaz à effet de serre. Parmi les sols artificialisés, une partie est revêtue et donc imperméabilisée, ce qui amplifie les phénomènes de ruissellement et peut perturber le régime des eaux (possible augmentation des risques d’inondation) et affecter leur qualité (état chimique et écologique). L’artificialisation peut aussi conduire à une fragmentation et à un cloisonnement des milieux naturels. La baisse des surfaces d’espaces non fragmentés et la présence d’obstacles peuvent gêner les populations de certaines espèces pour l’accomplissement de leur cycle de vie, leurs migrations, voire le déplacement de leur aire de répartition dans le cadre des changements climatiques.
PanierAMAP
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Les AMAP

Il me semblait évident d’écrire mon premier article sur les AMAP. Adhérer à une AMAP a en effet été notre premier pas vers un mode de vie plus sain et plus solidaire.

Alors AMAP qu’est-ce que ça veut dire ? C’est l’acronyme d’Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne.

Concrètement, les adhérents à cette association reçoivent périodiquement (généralement chaque semaine) un panier à prix fixé contenant des produits locaux cultivés selon les principes de l’agriculture paysanne et directement du producteur.

Revenons en détail sur les différents éléments de cette définition.

Des produits locaux cultivés selon les principes de l’agriculture paysanne

Les produits contenus dans les paniers sont le plus souvent des fruits et légumes (c’est le cas pour notre AMAP). Il n’y a cependant pas de limites si bien qu’on peut retrouver des paniers de fromages, de pain, d’œufs ou même de viande.

Ces produits sont locaux et cultivés selon les principes de l’agriculture paysanne, repris ci-dessous.

  1. Répartir les volumes de production afin de permettre au plus grand nombre d’agriculteurs d’accéder au métier et d’en vivre
  2. Être solidaire des paysans des autres régions d’Europe et du monde
  3. Respecter la nature
  4. Valoriser les ressources abondantes et économiser les ressources rares
  5. Rechercher la transparence dans les actes d’achat, de production, de transformation et de vente des produits agricoles
  6. Assurer la bonne qualité gustative et sanitaire des produits
  7. Viser le maximum d’autonomie dans le fonctionnement des exploitations
  8. Rechercher les partenariats avec d’autres acteurs du monde rural
  9. Maintenir la diversité des populations animales élevées et des variétés végétales cultivées
  10. Raisonner toujours à long terme et de manière globale

Ces principes ne garantissent pas que les produits soient bio. Cependant, ils le sont souvent, et à défaut issus d’une agriculture raisonnée.

Vous avez donc des produits frais, sains et variés ! Car comme le précise le neuvième principe, le maintien de la diversité des variétés fait partie de la charte des AMAP (il fera même l’objet d’un article dédié prochainement). Nous avons découvert des nouveaux légumes dont voici quelques exemples.

Carottes

De gauche à droite : une carotte, une carotte, une carotte, une carotte et une carotte :)

panais

Une carotte ? Non un panais !

feves

Facile ! Des petits pois… Encore raté ce sont des fèves !

radis_noir

Une carotte ? Un panais ? Non un radis noir !

Certes vous ne choisissez pas vos légumes (j’avais oublié de le mentionner :) ?) et vous n’aurez pas tout le temps vos légumes favoris (je m’adresse aux détracteurs des blettes et autres choux de Bruxelles…). Si vous aviez à le faire, vous ne choisiriez probablement pas ceux-là. Et là est bien l’intérêt. Avec notre nouveau meilleur ami Marmiton, nous goûtons de nouvelles recettes chaque semaine et éduquons notre palais à ces nouvelles saveurs. Éduquer, ou devrais-je dire ré-éduquer…  Oubliez toutes vos références gustatives concernant les épinards, les courges, les petits-pois, les haricots et les tomates ! Vous découvrirez que ces légumes (et les légumes en général), c’est bon (phrase que j’aurais parié ne jamais dire sobre il y a quelques années…). Oubliez également  vos canons esthétiques, la nature ne fait pas les tomates comme ça (nous aborderons également la notion aberrante de calibre dans un prochain article) :

tomatescalibrees

Des tomates ?

Des vraies tomates !

Des vraies tomates !

Nous avons également (ré-)appris à manger local et de saison. Car au cas où vous ne le sauriez pas, tout ne pousse pas n’importe où et n’importe quand… Voici un calendrier des fruits et légumes de saison pour la région Rhône Alpes (disponible gratuitement en magnet pour mettre sur votre frigo sur le site de l’ALE Lyon).

On y apprend que les tomates poussent de juillet à octobre, et non de janvier à décembre comme c’est le cas dans nos grandes surfaces. Cela nous a pris du temps pour nous en accommoder, surtout au beau milieu de l’hiver, lorsque votre panier regorge de courges et de poireaux et pas le moindre signe de courgettes ou de tomates… Et pourtant, c’est comme ça que vivaient nos grand-parents ! Avec du recul (cela fait maintenant 4 ans que nous sommes adhérents), cela ne nous manque pas. Au contraire, nous avons appris à nous réjouir de l’arrivée en été des tomates, courgettes et poivrons synonymes de ratatouille, mais également en hiver des courges et potirons en tout genre synonymes de soupes et gratins.

Directement du producteur

L’autre grand intérêt des AMAP est que les produits proviennent directement du producteur sans aucun intermédiaire (l’AMAP étant une structure associative, cf. paragraphe suivant). C’est d’ailleurs le producteur lui-même qui livre ses produits (fraîchement récoltés le jour-même pour notre producteur de fruits et légumes). Ainsi, vous êtes sûrs que le prix que vous payez rentre à 100% (hors taxes et impôts en tout genre…) dans la poche du producteur du coin, et pas dans les nombreux intermédiaires qui existent dans l’industrie agro-alimentaire.

Le producteur étant le plus souvent présent aux distributions, vous pouvez échanger avec lui sur ses méthodes de travail, les problèmes qu’il rencontre, la manière de cuisiner tel ou tel produit, ou tout autre sujet qui vous passe par la tête. Ces liens qui se tissent permettent de nous réapproprier l’acte de nous nourrir, en connaissant les personnes, le lieu et les conditions dans lesquelles sont cultivés ou élaborés les produits.

Une association avant tout

Une AMAP est en effet une association avant tout. Ces adhérents signent un contrat avec un producteur pour une durée donnée généralement calquée sur les cycles de production (typiquement 6 mois printemps-été et automne-hiver pour les légumes) et s’engage à acheter un certain nombre de paniers (dont le prix unitaire est fixé par le contrat). Le règlement est fait en avance (dans la pratique, il peut être étalé sur la période du contrat en payant en deux ou trois fois) pour permettre au producteur de lui garantir un revenu régulier (dont il doit gérer la répartition intelligemment sur la saison). Donner à MSF, ou Action Contre la Faim c’est très bien, mais soutenir les agriculteurs de sa région, c’est bien aussi !

Ce règlement en avance implique également la notion de partage des risques, mais aussi des bénéfices, pouvant faire varier la qualité et la quantité des produits. Ainsi, si des mauvaises conditions climatiques causent une récolte peu abondante, les paniers seront moins fournis, tandis qu’une très bonne année vous apportera des paniers qui débordent.

Nous ne faisons pas systématiquement des comparaisons entre le prix de notre panier et le marché, mais nous avons constaté que le prix moyen de nos légumes correspondait à celui pratiqué dans les grandes surfaces. Quand on voit la différence de fraîcheur et de qualité des produits, le choix est vite fait.

Ces risques sont cependant moindres dans le cas des producteurs de fruits-légumes grâce à la variétés des espèces cultivées. En cas de maladie ou de très faible rendement sur une espèce, d’autres peuvent venir combler le manque.

La solidarité ne se limite pas uniquement aux enjeux financiers. Les adhérents sont ainsi mis à contribution pour organiser les distributions hebdomadaires, et peuvent également (s’ils le souhaitent, et en accord avec le producteur) aider aux travaux de la ferme (bénévolement ou contre une réduction du prix du panier par exemple). De même, les producteurs font régulièrement des visites de leur exploitation afin de montrer leurs conditions de travail, mais également dans le but de transmettre leur savoir-faire.

D’où vient le concept ?

Cette idée récente en France (la première AMAP daterait de 2001) nous vient du Japon où les « Teikei » (traduisible par « mettre le visage du paysan sur les aliments ») existent depuis 1971. Plus d’informations sur les origines des AMAP sur le site de « Réseau AMAP »

En résumé

Vous l’aurez compris, nous sommes ravis de notre adhésion à notre AMAP et nous n’achetons d’autres légumes qu’en période de congés du producteur ou pour des besoins très ponctuels. Le seul problème est qu’il n’y a pas de fruits dans notre AMAP. Nous sommes donc à la recherche d’une autre AMAP, ou d’un producteur qui serait intéressé par notre AMAP.

Pour aller plus loin

Crédits des images

Bienvenue sur Biorborygmes !

Biorborygmes !? Un jeu de mot mais pas que…

Quel lien entre « bio » et « borborygmes » !?

Rassurez-vous nous n’allons pas parler de météo intestinale sur ce blog.

Les borborygmes sont plutôt à interpréter comme une musique, un discours sourd qui vient des tripes, qui s’impose d’abord puis que l’on souhaite écouter. En l’occurrence en ce qui nous concerne, un besoin de plus en plus présent de questionner notre rapport à notre environnement. L’envie de prendre soin de soi qui semble liée à l’envie de prendre soin du monde qui nous entoure, de la vie (« Bio » dans sa définition étymologique).

Nous avons commencé à nous poser plein de questions et changer certains de nos modes de vie, mais plus on creuse plus cela devient complexe.

Un exemple :

Un jour on se rend compte que ce que l’on mange n’est pas bon, qu’on n’y prend pas de plaisir. On commence à s’intéresser à ce qu’on mange. Pourquoi tel légume est meilleur que tel autre ? Ceux du jardin de papa sont quand même carrément meilleurs que ceux de Carr-ouf ! Bon au goût ou bon pour la santé ? Une AMAP ? Kesako !? Tain ! C’est trop bien en fait ! Ouais mais bon, on mange tout le temps la même chose, l’hiver c’est hard ! Courge le midi, courge le soir… Dur dur ! Les tomates manquent ! Encore de la courge cette semaine dans le panier ? Ahhh des poireaux ! Trop de la balle !! Tiens c’est drôle c’est la première fois que je m’enthousiasme autant pour des poireaux… mais qu’est-ce c’est bon de redécouvrir leur goût. Et qu’est-ce qu’il y a là-dedans ? De l’huile de palme ? Des phtalates ? Kesako ? Arghh, la pâte à tartiner du magasin bio c’est quand même pas du Nut’ ! Comment on fait alors ? La viande on l’achète locale au boucher du coin ou bio au supermarché ? Non celle de Carr-ouf elle est franchement dégueu… Et est-ce qu’on ne pourrait pas en manger un peu moins ? Mieux vaut bio ou local ? Ou durable ? Et pour le café et le chocolat !? Cap’ de ne plus rien acheter en supermarché ? Est-ce que le bio est trop cher ? Est-ce qu’on est bobo ? Pourquoi les gens s’énervent quand on parle de bio ou qu’on dit qu’on mange bio !?

Et puis il y a aussi : quel logement ? Quels transports ? Quel fournisseur d’énergie ? Quels cosmétiques ? Quels produits d’entretien ? Quels vêtements ? Quelle banque ? Quelles vacances ? Quelles activités ?…

Peut-être vous reconnaissez vous dans ce type de réflexion…

Plus on s’intéresse à ces questions, plus on se rend compte qu’on ne comprend pas grand-chose, que tout cela est vraiment complexe, que les fausses idées vont bon train. On voulait se dire ou se croire écolo, mais en réalité on nage dans la soupe. Ce que l’on découvre, Fred Pierce le décrit dans un livre au titre révélateur « Les Tribulations d’un consommateur ordinaire qui se prenait pour un écolo exemplaire ».

Souvent ces sujets intègrent des problématiques éthiques, sociales, culturelles, politiques… qui demandent de prendre du recul, de comprendre la part de subjectivité dans ce qui est dit, mais aussi de se questionner soi-même.

Souvent également on est confronté à la complexité du vivant. Comment quantifier un impact environnemental ? Comment comparer les effets d’une consommation de ressources, et d’une émission de polluant? Qu’est ce qui est « pire » : émettre x kg de CO2 dans l’atmosphère ou prélever x litres d’eau au Kenya? L’écosystème est si complexe qu’il est difficile de connaitre les conséquences d’un changement, les effets qu’il peut avoir sur l’équilibre général…

Aujourd’hui on peut se sentir un peu perdu par tout ce que l’on trouve sur la toile. Religieux, écologistes fanatiques, scientifiques, industriels… s’approprient des chiffres, des faits pour en délivrer des interprétations parfois subjectives pour appuyer leurs idéologies, leurs intérêts. Pour nous forger notre propre idée nous ressentons le besoin d’aller chercher nous-même les informations nécessaires. Nous tenterons de vous transmettre ce que nous en avons compris.

Ce blog se veut être également un cheminement. Nos articles s’ouvriront sur des réflexions plus personnelles sur des thématiques importantes pour notre quotidien et notre avenir, et sur lesquelles nous souhaitons nous positionner.

Mais qui sommes-nous ?

Un couple à l’aube de la trentaine sans enfant. Nous publierons les articles de ce blog sous les pseudos Pijey et Miloune. Nous ne nous rattachons à aucun courant de pensée spécifique, ni d’aucun parti politique. Nous n’avons pas de connaissances particulières sur ces sujets. Nous ne souhaitons ni donner des leçons ni imposer notre point de vue, uniquement témoigner en toute humilité de notre cheminement personnel.

Nous vous proposons de partager avec vous nos tribulations… N’hésitez pas à nous faire part des vôtres !

Pijey & Miloune